Les domaines de la réserve

L'estuaire de la Seine se caractérise par la pénétration, au gré des marées, des eaux marines de la Manche dans l'embouchure de la Seine. Cette rencontre entre eaux salées et eaux douces engendre notamment un gradient de salinité d'ouest en est, qui, associé à la dynamique des marées, est en partie à l'origine de la diversité des habitats naturels présents dans l'estuaire.

Carte simplifiée des domaines de la réserve naturelle nationale de l'estuaire de la Seine

Le domaine halin subtidalMilieu salé >30g/l de sel, inférieur à la zone de balancement des marées

Zones subtidalesNiveau inférieur à la zone de balancement des marées
Situées dans l'embouchure et composées de bancs de sables soumis à la rudesse des courants de marée. Peuplés de quelques espèces de mollusques et autres invertébrés comme Abra alba, Pectinaria Koreni, ils sont par endroits riches en coques.

Le domaine halin intertidalMilieu salé >30g/l de sel, dans la zone de balancement des marées

EstransZone de balancement des marées dépourvus de végétation
Formées de dépôts sédimentaires envasés sur la haute et la moyenne slikkeEtendue de vase recouverte par la marée et ensablés sur la basse slikkeEtendue de vase recouverte par la marée. Les vases sont occupées par une communauté à Macoma balthica (mollusque bivalve) et à Nereis diversicolor (ver). Les bancs de sable intertidaux sont peuplés par Nephtys cirrosa, Magelona johnstoni, Macoma balthica, Spio martinensis et Donax vittatus, tandis que les sables de fond de chenaux sont abiotiques.
Les endiguements, le platier rocheux de Villerville et le banc de galets du Ratier composent les substrats durs.

Végétations de haute slikkeEtendue de vase recouverte par la marée
Lorsque les courants s'affaiblissent et favorisent le dépôt des sédiments, des végétations annuelles à salicorne et à soude colonisent les vases et les sables salés, régulièrement inondés par les marées. Elles sont supplantées par des prairies à spartine anglaise Spartina townsendii, premières végétations vivaces de la haute slikkeEtendue de vase recouverte par la marée qui favorisent voire accélèrent l'atterrissement de la vasière.

Les prés salés atlantiques ou schorre
Se développent à l'arrière des végétations de haute slikkeEtendue de vase recouverte par la marée. Les prés salés du bas schorre forment une pelouse rase dominée par une graminée la puccinellie maritime Puccinellia maritima. Sur un niveau supérieur, les prés salés du haut schorre, dominés par l'élyme piquant Elymus athericus, subissent généralement une inondation moins régulière.

Cordon dunaire
L'estuaire de la Seine abrite l'unique cordon dunaire haut-normand. Alors que des végétations annuelles de laisses de mer se développent sur la plage, plus en arrière le chiendent des sables Elymus farctus et l'euphorbe maritime Euphorbia paralias colonisent la dune mobile embryonnaire.

Cordon de galets
Des végétations vivaces des rivages de galets se développent sur les rares cordons de galets enrichis en matière organique au gré des dépôts d'origine marine et fluviale. On y observe le rare et protégé chou marin Crambe maritima.

Le domaine saumâtre De salinité comprise entre 30g/l et 0,5g/l de sel

Milieux aquatiques saumâtres
Plusieurs plantes aquatiques ont la capacité de pousser dans les mares et les fossés alimentés par les eaux saumâtres de l'estuaire, comme la ruppie maritime Ruppia maritima, la zanichellie pédicellée Zannichellia palustris subsp. pedicellata, le potamot pectiné Potamogeton pectinatus, le myriophylle en épi Myriophyllum spicatum ou la renoncule de Baudot Ranunculus baudotii, reconnaissable à ses petites fleurs blanches et ses feuilles flottantes. Sur les vases enrichies des mares asséchées plus ou moins saumâtres, des communautés de plantes annuelles à soude, chénopodes et arroches se développent.

Roselières saumâtres
Dominée par le roseau Phragmites australis et ponctuée de taches d'aster maritime Aster tripolium, la roselière de la réserve est originale de par sa structure et son fonctionnement. Habitat de nombreuses espèces d'oiseaux (phragmite aquatique, panure à moustaches, butor étoilé, busard des roseaux), elle joue aussi un rôle essentiel dans l'absorption des polluants de la Seine. En front de cette grande roselière, se développe une roselière plus basse et pionnière, dominée par le scirpe maritime Bolboschoenus maritimus subsp. cymosus.

Mégaphorbiaies oligohalinesVégétations de hautes herbes poussant sur un sol riche en éléments nutritifs, humide et peu salé
Cette formation végétale unique en france est caractérisée par un duo de hautes ombellifères, la grande angélique Angelica archangelica et l'oenanthe safranée Oenantha crocata, est unique en France. Installée sur les sols enrichis à la limite de la zone d'influence des marées, en bordure sud de la route de l'estuaire.

Prairies subhalophilesComposées de plantes vivant en milieu saumâtre
Situées au nord d'une digue insubmersible, la route de l'estuaire, elles restent malgré tout connectées artificiellement à la Seine grâce à une série d'ouvrages hydrauliques, qui assurent leur alimentation en eau saumâtre lors des grandes marées. Les prairies subhalophiles sont pâturées et/ou fauchées avec pâturage de regain. Elles concentrent une grande part de la biodiversité estuarienne et abritent diverses plantes patrimoniales comme le jonc de Gérard Juncus gerardii, le troscart maritime Triglochin maritimum ou l'oenanthe de Lachenal Oenanthe lachenalii.

Le domaine d'eau douce De salinité inférieure à 0,5g/l de sel

Milieux aquatiques d'eau douce
Les mares et les fossés d'eau douce abritent différents groupements végétaux ; leur variabilité dépend essentiellement de la qualité et de la gestion de l'eau (richesse en éléments nutritifs, polluants, assèchement).

Les roselières
Des roselières basses se rencontrent ponctuellement autour des mares, le long des fossés ou dans les prairies humides : groupements à scirpe Bolboschoenus maritimus, à butome en ombelle Butomus umbellatus...
La roselière d'eau douce est dominée par le roseau Phragmites australis, accompagné d'espèces amphibiesCapable de vivre en milieu inondé ou exondé comme la morelle douce-amère Solanum dulcamara, la menthe aquatique Mentha aquatica, le gaillet palustre Galium palustre ou encore le carex des rives Carex riparia. Cette roselière couvre d'importantes surfaces sur le site, souvent en mosaïque ou en contact avec des mégaphorbiaies eutrophes et des fourrés arbustifs.

Mégaphorbiaies eutrophesVégétations de hautes herbes poussant sur un sol riche en éléments nutritifs et humide
Ce sont des végétations hautes et riches en fleurs qui occupent des zones épisodiquement inondées et riches en éléments nutritifs. Elles occupent les bordures d'un certain nombre de fossés alimentés en eau douce. Les espèces caractéristiques sont l'épilobe hirsute Epilobium hirsutum, l'eupatoire chanvrine Eupatorium cannabium et l'ortie Urtica dioica.

Prairies humides eutrophesPoussant sur un sol riche en éléments nutritifs
Elles représentent la majeure partie des prairies de l'estuaire de la Seine. Elles sont en grande partie fauchées puis pâturées en regain. Il existe différents facies selon le niveau d'humidité, la teneur en éléments nutritifs et les pratiques agricoles. Les prairies maigres de fauche à vulpin des prés Alopecurus pratensis sont généralement peu fertilisées et riches en espèces végétales. Une infime partie des prairies est caractéristique de cet habitat.
En plus de leur grande diversité floristique, les prairies constituent également un habitat de prédilection pour bon nombre d'oiseaux (zones de nourrissage, de halte migratoire et de reproduction). Elles représentent un terrain de chasse pour les mammifères (chauves-souris, mustélidés...).

Fourrés et boisements
Les fourrés et le bois de Tancarville sont composés de peuplements marécageux d'aulnes ou des saulaies pionnières à saule blanc qui forment une mosaïque avec des bosquets arbustifs hygrophiles dominés par les saules et le sureau noir Sambucus nigra.
Des haies vives dominées par le chêne pédonculé Quercus robur et le hêtre quadrillent certaines parcelles agricoles du marais de Cressenval. De même, il subsiste quelques saules têtards en rive sud.

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