Le marais de Cressenval

RÉSERVE NATURELLE DE L'ESTUAIRE DE LA SEINE

 

Au milieu du 19ème siècle, l’endiguement de la Seine atteint Tancarville en rive nord et l’embouchure de la Risle en rive sud. Dans le reste de l’embouchure, la Seine poursuit ses divagations. La construction du canal de Tancarville (1876-1887) est le premier aménagement venant bouleverser profondément la morphologie de l’estuaire. Elle stabilise ainsi définitivement les terrains situés entre les falaises et le nord du canal, qui deviendront le marais de Cressenval. Ce dernier abrite ainsi les prairies les plus anciennes de la réserve naturelle. Il représente une superficie de 719 Ha.

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Le paysage du marais de Cressenval rappelle l’image du bocage normand. Les prairies humides prédominent, quadrillées par un réseau de haies de fossés, qui s’écoulent vers le canal de Tancarville. 

L’unique ferme d'élevage de la réserve naturelle y est implantée et explique le maintien de quelques parcelles de culture.

À la différence du reste de la réserve naturelle, le marais de Cressenval est presque totalement déconnecté de la Seine. Il est essentiellement alimenté par l’eau de plusieurs résurgences de la nappe de la craie, qui jaillissent au pied des falaises. Des siphons, aménagés sous l’autoroute A131, conduisent l’eau jusqu’au marais.

Les prairies humides

Les prairies humides occupent la majeure partie du marais de Cressenval. 230 Ha ont été remis en herbe entre 2013 et 2022, suite au rachat des terrains par le Conservatoire du Littoral. L’objectif est de conserver une gestion mixte par fauche et pâturage extensif et d’améliorer la diversité floristique et faunistique des prairies. Il reste environ 70 Ha des parcelles en cultures (dont 50 Ha en réserve).

Comme pour le reste de la réserve, l’exploitation agricole est réglementée pour favoriser la biodiversité présente. Sur Cressenval, le sursemis est interdit ainsi que l’apport d’engrais organique, la fertilisation doit être uniquement minérale et ne doit pas dépasser 40 kg (N/K/P)/ha/an. De plus, les traitements phytosanitaires sont proscrits et la charge en bétail ne doit pas dépasser 1 UGB/an/ha et 2 UGB/ha en instantané.

Le marais de Cressenval est composé de prairies humides, pour la plupart riches en nutriments (eutrophes), du fait des inondations, du pâturage et des apports d’engrais. Ces prairies sont dans l’ensemble dominées par les graminées et assez pauvres en plantes à fleurs, qui leur confèrent un aspect dense et peu coloré.

L’analyse des groupements de végétation effectuée par le Conservatoire Botanique National de Bailleul révèle la présence d’un groupement relativement répandu mais présent uniquement au marais de Cressenval, caractéristique d’un mode de gestion mixte par fauche et pâturage. Il s’agit de l’Hordeo secalini Lolietum perennis typique des prairies riveraines de cours d’eau, également présent au marais Vernier, dans la vallée de la Risle et la basse vallée de la Seine.

Les troupeaux attirent par exemple les Hérons garde-boeufs, de plus en plus nombreux dans l’estuaire de la Seine.

Les fossés

Les fossés forment un grand réseau dont le linéaire est de l'ordre de 50 km. Sur la partie nord, le marais est bordé par un fossé principal, dit fossé de ceinture, d'une longueur de 6 km environ. Il permet la distribution de l'eau sur des fossés principaux de direction nord-sud, s’écoulant vers le canal de Tancarville. Ces fossés peuvent également être alimentés par des fossés transversaux de moindre importance permettant le drainage des parcelles. 

Historiquement, ce réseau avait pour principale fonction de drainer le marais, mais il présente de nombreux dysfonctionnements. Un programme pluriannuel d’entretien et de restauration est ainsi mis en œuvre depuis 2021, pour d’une part restaurer les continuités hydrauliques et faciliter la distribution de l’eau sur l’ensemble du marais et d’autre part améliorer leurs fonctions écologiques et leur richesse spécifique.

Les fossés abritent ainsi quelques espèces de plantes aquatiques patrimoniales comme le Petit nénuphar (Hydrocharis morsus-ranae), le Potamot dense (Groenlandia densa) ou le Myriophylle verticillé (Myriophyllum verticillatum), tous deux devenus très rares en Haute-Normandie.

Du point de vue de la faune, ils représentent aussi l’unique bastion de plusieurs espèces rares, comme l’Agrion de Mercure ou l’Agrion délicat, deux libellules.

Les haies vives

Plusieurs essences composent les nombreuses haies du marais de Cressenval : saules, peupliers, chêne, frêne. Afin de regarnir certains alignements, près de 500 jeunes plants d’une essence originaire de la vallée de Seine - le peuplier noir - ont été replantés entre 2016 et 2019.

Plusieurs couples de Cigogne blanche y ont élu domicile. Un autre oiseau a fait son retour dans ce secteur de la réserve naturelle, il s’agit de la Pie grièche écorcheur, qui affectionne les massifs buissonneux et les milieux ouverts.

Les mares abreuvoirs

Alimentées en eau douce par les fossés, les mares du marais de Cressenval sont bien différentes des mares du reste de la réserve, aménagées pour la chasse au gibier d’eau. Elles sont bien plus petites. Des clôtures limitent le piétinement du bétail sur leur pourtour, tout en leur permettant de s’abreuver.


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